Sutokuin (L'empereur Sutoku)
崇徳院・すとくいん
L'histoire
Le jeune héritier d'une grande maison de commerce s'éprend au premier regard d'une jeune fille aperçue dans une maison de thé, au point de s'aliter, malade d'amour. Le seul indice est le premier vers d'un poème de l'empereur Sutoku que la jeune fille a laissé derrière elle. Sommé par son maître de retrouver la belle en trois jours, le fidèle Kumagoro parcourt toute la ville avec pour tout guide ce vers unique, qu'il doit clamer dans chaque salon de barbier et chaque bain public.
À écouter attentivement
Kumagoro sillonne barbiers et bains publics en clamant sans cesse le poème-indice, « Le courant du torrent que le rocher arrête… » ; son rythme et son élan sont le grand attrait de la pièce. Le mal d'amour obstiné du jeune héritier et la mécanique enjouée, typique du rakugo d'Osaka, en font un moment savoureux.
Contexte
L'empereur Sutoku (1119-1164) fut un véritable empereur retiré, et le poème est tiré du Hyakunin Isshu, une anthologie classique de cent vers que le moindre habitant d'Edo un peu instruit savait reconnaître. Né dans le rakugo d'Osaka (Kamigata), il fut plus tard adapté à Edo. Un wakadanna est le fils choyé d'une maison de commerce ; le commis envoyé régler ses problèmes est l'éternel souffre-douleur du rakugo.